Quelle magnifique experience que celle de jeune fille au pair! ou combien d'entre nous ce sont fait de grosses illusions sur le rôle d'aupair.
Sincerement, on aurait du me prevenir. A la base, fille au pair, on te dit "c'est pour s'occuper des enfants". Sauf que l'on oublie un détail... de taille!
Oui, tu n'as pas que les mômes à te coltiner, bien que cela serait amplement suffisant, car les gosses de riches, ce n'est pas de la tarte. Tu as également cette chose merveilleuse qu'est : LE MENAGE.
Et ça, personnes ne m'avait rien dit de l'affaire avant que je ne lise le dossier de candidature. Mais même à ce moment là, tu ne t'inquietes pas trop, parce que ceux qui tapent les dossiers se veulent rassurant, ils te tournent ça genre "coup de main" ou "rendre service", parce qu'ils savent que sinon, personne ne ferait cela.
Donc non, point d'inquietude, un peu de ménage, "c'est pas la mort!". Un peu... RÊVE CHERIE! En général, le pot aux roses est revelé une fois que tu arrives dans la famille. Eux aussi t'ont rassuré quand tu les as eu au téléphone "un peu de housework... blablabla". foutage de gueule! Si c'est ça qu'ils appellent "un peu", qu'ils le fassent! Sûr qu'ils n'en font pas le quart quand ils n'ont pas de pigeon pour le faire.Parce que là, tu te rends compte que le ménage couvre au moins la moitié de ton emploi du temps. Un vrai cauchemar!
A vrai dire, c'est un entrainement à devenir femme au foyer, sauf que tu es payée (une misere, certes, mais payée quand même). Un sorte de formation pro en fait, un vrai accomplissement! Mais bon, une fois que t'es là, tu ne peux pas tourner les talons si vite, donc tu bosses, en te disant que tout va bien se passer, que ça va passer vite, etc. heu, t'as oublié que t'es tombée sur des caricatures de richous, sweetheart? 99% de chance que se soit des chiants. Autant vous dire que je ne suis pas tombée dans le pourcent restant...
Attention! Mise en situation : c'est le début, tu veux être bien avec ta famille, tu cherches à te familiariser avec ton emploi du temps tout en faisant bien ton boulot. Sauf qu'ils ne sont jamais content, ma parole! "T'as pas polishé dans le living-room" *mais c'est inutile, c'est déjà clean!*, "T'as pas replié les habits dans les placards des enfants" *Mais ça sert à rien, demain,c'est reruiné!*, "Tes pas assez proche des enfants" *bah écoute, ce n'est pas de ma faute si tes gamins sont des associaux capricieux et malpolis en plus*.
Bien evidemment, toutes ces réponses, tu ne fais que les penser très fort, car tu ne peux te permettre de dire ces choses là, vu la place que tu as. Alors tu ravales ta réplique, tu souris, tu t'excuse même, mais t'as envie de pleurer, parce que non seulement, ça t'enerve, mais en plus, ce n'est pas le moment de te faire des reflexions, car tu te retrouves tout juste loin des gens que tu aimes et qui te manquent, et tu réalises que la séparation est difficile.
Enfin, le temps passe, et tu te dis "Au moins, peut-être qu'on va faire des trucs avec la famille, des sorties, des repas tous ensemble, discuter, créer des liens quoi". Et là, tu peux faire face à l'une des plus grosses deception de toute cette mascarade : les sorties, c'est sant toi, tu manges soit avec les gosses (3 et 8 ans, vive la compagnie!) soit toute seule, quand tu cherches à rester avec eux dans le living, ils t'envoient, avec tact!, regarder sky dans l'autre piece, et j'en oublie surement. Autant dire, niveau relation familiale, on a vu mieux.
Résultat de l'opération : tu te retrouves seule, totalement seule, et loin, à faire un taf de merde, alors que tu voulais simplement apprendre l'anglais en considerant tes petits moyens financiers. Parfois, je me dit qu'il vaut mieux vivre au dessus de ses moyens...



